Tshopo : le gouverneur Paulin Lendongolia destitué par les députés provinciaux

Le gouverneur de la province de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a été déstitué ce lundi 27 octobre à l’issue d’un vote tenu en plénière à l’Assemblée provinciale. Sur les 29 députés provinciaux que compte l’organe délibérant, 18 ont voté pour sa destitution, tandis que les 11 autres étaient absents.

Cette décision intervient alors que le gouverneur séjourne actuellement à Kinshasa, convoqué par le ministère de l’Intérieur pour consultations, après plusieurs semaines de tensions politiques entre l’exécutif et le législatif provincial.

Les élus provinciaux reprochent à Paulin Lendongolia plusieurs faits jugés « graves », notamment la mauvaise gestion administrative et financière, le détournement des fonds publics, le népotisme, la surfraction des marchés publics et une gouvernance autoritaire marquée, selon eux, par des atteintes aux libertés fondamentales.

Le député Bienvenue Bolongue, initiateur de la motion de défiance déposée le 20 octobre dernier, affirme que la situation économique et sociale de la Tshopo s’est considérablement dégradée sous la gestion de Lendongolia. « Un gouverneur qui n’a pas tenu parole ne mérite plus notre confiance », a-t-il déclaré, dénonçant une gouvernance caractérisée par « la mégestion, l’amateurisme et une incompétence notoire ».

Selon les motionnaires, le gouverneur aurait également accumulé quatre mois d’arriérés dans le paiement des indemnités des députés provinciaux. Les fonds destinés à la réhabilitation du stade Lumumba auraient, selon eux, fait l’objet de détournements partiels. « Le gouverneur s’investit dans l’amusement, il consomme l’argent de la province comme si c’était le sien », a fustigé Bienvenue Bolongue, avant de dénoncer la hausse de la criminalité urbaine, signe selon lui de la « décadence de la gouvernance provinciale ».

Une motion de défiance votée après reports

Initialement prévue pour le 22 octobre, la plénière de vote avait été reportée après des tensions autour de l’accès à l’Assemblée, bloqué par la police. Ce report avait également coïncidé avec la convocation à Kinshasa du gouverneur, du président de l’Assemblée provinciale Matheus Kanga et des députés initiateurs de la motion.

Malgré ces obstacles, la plénière s’est finalement tenue ce lundi, marquant la chute politique de Paulin Lendongolia, 18 mois seulement après son investiture. Lors de son arrivée au pouvoir, il avait présenté un programme en cinq axes, centré sur la relance économique, la gouvernance locale et le développement des infrastructures.

La destitution du gouverneur ouvre désormais une période d’incertitude politique dans la province de la Tshopo. Conformément à la loi, le vice-gouverneur devrait assurer l’intérim en attendant la décision du président de la République ou l’organisation d’un nouveau vote d’investiture.

Cette crise illustre une fois de plus les tensions récurrentes entre exécutif et législatif dans plusieurs provinces de la RDC, sur fond de lutte contre la corruption et de dysfonctionnements institutionnels.

François Kitoko

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