Le secrétaire permanent de l’Union Sacrée de la Nation (USN), André Mbata, a accordé une interview au magazine Jeune Afrique à Paris, dans laquelle il aborde plusieurs questions majeures liées à la gouvernance et à l’actualité politique en République démocratique du Congo.
Cette interview intervient après l’installation de la coordination de l’USN en France et à l’issue d’une visite au Vatican. Le professeur Mbata y revient notamment sur la gouvernance du pays sous le leadership du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’état de la majorité présidentielle, la réforme constitutionnelle ainsi que la situation sécuritaire dans l’est du pays.
Dialogue politique : une prérogative du chef de l’État
Interrogé sur les initiatives de dialogue national portées par certaines confessions religieuses, André Mbata estime que l’organisation d’un tel processus relève exclusivement de la compétence du chef de l’État.
Selon lui, la convocation d’un dialogue politique ne peut pas être initiée par des structures religieuses mais doit être décidée par les institutions de la République. « C’est au président de la République de convoquer un dialogue, pas à une confession religieuse », a-t-il déclaré, rappelant le caractère laïc de l’État congolais.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par l’initiative de dialogue portée notamment par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), qui plaident pour un pacte social visant la paix et la cohésion nationale.
Dans cet entretien, le secrétaire permanent de l’Union sacrée défend également la gouvernance du pays sous la direction du président Félix Tshisekedi et souligne la solidité de la plateforme présidentielle.
Il estime que l’Union sacrée de la Nation demeure un cadre politique structurant pour la majorité au pouvoir et un instrument de mobilisation autour des réformes institutionnelles et des priorités nationales.
Réforme constitutionnelle et souveraineté populaire
Au sujet du débat sur la réforme constitutionnelle, André Mbata insiste sur le principe de la souveraineté du peuple congolais. Selon lui, toute initiative de révision ou de changement de la Constitution doit s’inscrire dans un cadre démocratique et respecter la volonté populaire.
Cette question continue de susciter un débat intense dans la classe politique congolaise, entre partisans d’une révision constitutionnelle et défenseurs du maintien du texte actuel.
L’entretien aborde également la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. André Mbata dénonce ce qu’il qualifie d’agression du Rwanda et évoque l’implication des rebelles de l’AFC/M23 dans le conflit.
Pour lui, la priorité reste la défense de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale face aux menaces extérieures.
Opposition politique et rôle des confessions religieuses
André Mbata a par ailleurs évoqué le rôle de l’opposition politique en RDC ainsi que celui des confessions religieuses dans la vie publique.
Tout en reconnaissant leur influence sociale importante, il rappelle que les Églises ne peuvent se substituer aux institutions de l’État dans la gestion des affaires politiques.
Cette interview relance ainsi le débat sur les mécanismes de dialogue politique, la réforme constitutionnelle et la place des différents acteurs — politiques, religieux et institutionnels — dans la consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo.
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