Droits des femmes : à New York, Judith Suminwa interpelle la communauté internationale sur la situation en RDC

La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a appelé lundi la communauté internationale à assumer pleinement ses responsabilités dans la protection et l’application des droits des femmes, lors de son intervention à New York, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes et de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.

Organisée sous le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », cette rencontre internationale met l’accent sur la nécessité d’un engagement collectif pour garantir l’égalité, protéger les droits humains et promouvoir l’autonomisation des femmes à travers le monde.

Lors de cette session, plusieurs plaidoyers ont été portés à la tribune des Nations Unies pour un monde plus équitable et inclusif. Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a notamment dénoncé une régression préoccupante des droits des femmes.

Dans un discours axé sur la parité, il a rappelé que les femmes ne disposent aujourd’hui que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes dans le monde, appelant les États à intensifier leurs efforts pour corriger ces inégalités persistantes.

Les femmes de l’Est de la RDC victimes du conflit

Prenant la parole à son tour, Judith Suminwa Tuluka a attiré l’attention de la communauté internationale sur la situation dramatique que vivent les femmes et les filles dans l’est de la RDC.

Elle a dénoncé les conséquences humanitaires du conflit armé, évoquant notamment les violences, les déplacements massifs de populations et les traumatismes subis par les populations civiles.

Selon la cheffe du gouvernement congolais, ces violences sont aggravées par l’agression dont la RDC se dit victime, impliquant le Rwanda et les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo et du M23.

« Depuis l’agression menée par le Rwanda et soutenue par le groupe M23/AFC, les femmes et les jeunes filles dans les zones touchées subissent des violences graves, des déplacements et une crise humanitaire qui affecte profondément leur vie et leur avenir », a-t-elle déclaré.

Elle a également insisté sur le fait que les conflits armés touchent différemment les hommes et les femmes, appelant à une reconnaissance et à une lutte déterminée contre les violences basées sur le genre.

Des avancées enregistrées en RDC

Profitant de cette tribune internationale, la Première ministre a également mis en avant plusieurs avancées réalisées par la RDC en matière de promotion des droits des femmes, sous l’impulsion du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Elle a notamment souligné l’augmentation de la participation des femmes dans les instances décisionnelles, passée de 21 % en 2021 à 32 % en 2024, ainsi que la nomination, pour la première fois dans l’histoire du pays, d’une femme à la tête du gouvernement.

Le gouvernement congolais a également engagé des réformes importantes, notamment la révision du Code de la famille en 2016, qui a supprimé plusieurs dispositions jugées discriminatoires, dont l’autorisation maritale qui limitait l’autonomie des femmes.

Cette réforme a également fixé l’âge légal du mariage à 18 ans pour les filles comme pour les garçons, afin de lutter contre les mariages précoces.

Autonomisation économique et développement local

La cheffe du gouvernement a par ailleurs évoqué les initiatives visant à renforcer l’autonomisation économique des femmes, notamment à travers le Programme de développement local des 145 territoires.

Ce programme vise à améliorer l’accès des femmes à l’entrepreneuriat, aux opportunités économiques et aux projets de développement local dans l’ensemble du pays.

Devant les dirigeants du monde réunis à New York, Judith Suminwa Tuluka a exhorté les États membres de l’ONU à transformer leurs engagements en actions concrètes, notamment pour les femmes vivant dans les zones de conflit.

Elle a rappelé que trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, l’écart entre les engagements internationaux et la réalité vécue par des millions de femmes demeure important.

« L’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être un principe proclamé dans les textes ; elle doit devenir une réalité vécue dans la vie quotidienne de chaque femme et de chaque fille », a-t-elle affirmé.

Une mobilisation également à Kinshasa

La veille de son départ pour New York, la Première ministre avait participé à Kinshasa à la célébration officielle de la Journée internationale des droits des femmes aux côtés de la Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi.

Placée sous le thème national « Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles », cette célébration a été l’occasion pour Judith Suminwa de rappeler que l’autonomisation des femmes ne constitue ni un privilège ni un cadeau, mais un impératif pour le développement et la justice sociale.

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