Ebola en RDC : Félix Tshisekedi déclenche une riposte nationale alors que l’OMS alerte sur une urgence sanitaire mondiale

Face à l’accélération de l’épidémie d’Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a ordonné une mobilisation nationale renforcée pour contenir une crise sanitaire qui suscite désormais une inquiétude internationale croissante.

Lors de la quatrième réunion extraordinaire du Conseil des ministres tenue le 20 mai 2026 à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le Chef de l’État a consacré l’intégralité de sa communication à la gestion de la maladie à virus Ebola, devenue une urgence sanitaire nationale.

Cette réunion intervient après une cellule de crise convoquée dans la nuit du 18 mai en présence de la Première ministre, de plusieurs ministres concernés ainsi que du Directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Le ministre de la Santé, de retour d’une mission dans la province de l’Ituri, y avait présenté un rapport préliminaire sur l’évolution de la situation et les premières mesures déjà engagées sur le terrain.

Selon les données initiales communiquées par les autorités sanitaires, 83 cas avaient été confirmés à ce stade dans le pays, dont sept décès. Toutefois, l’ampleur réelle de l’épidémie semble nettement plus importante. L’Organisation mondiale de la santé estime que près de 750 cas suspects et 177 décès suspects ont été recensés en RDC.

Face à cette situation, le président Tshisekedi a ordonné un renforcement immédiat du dispositif national de veille sanitaire, du contrôle épidémiologique, des capacités de dépistage, des mécanismes d’isolement et des structures de prise en charge des patients.

Le gouvernement devra également appliquer sans délai un protocole renforcé de mesures barrières dans les espaces publics, les écoles, universités, structures sanitaires, lieux de culte et administrations publiques.

Une vaste campagne nationale de sensibilisation a aussi été décidée. Le Chef de l’État a chargé le ministre de la Communication d’activer tous les canaux disponibles — radios communautaires, télévisions, plateformes numériques et services de messagerie — afin d’assurer une diffusion massive des messages de prévention.

Les secteurs éducatif et universitaire sont également mis à contribution. Les ministres en charge de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur devront coordonner des campagnes spécifiques de sensibilisation auprès des élèves, étudiants et communautés académiques.

Le président congolais a aussi lancé un appel aux responsables religieux afin qu’ils participent activement à la sensibilisation des fidèles sur les comportements préventifs à adopter.

Sur le plan financier, le ministre des Finances a reçu l’instruction de mobiliser rapidement les ressources nécessaires à la riposte. Le gouvernement est également chargé d’intensifier les démarches auprès des partenaires techniques et financiers internationaux pour soutenir les opérations sanitaires.

Le Chef de l’État a rappelé que la RDC fait face à sa dix-septième épidémie d’Ebola depuis l’apparition de la maladie dans le pays en 1976. « Notre pays dispose aujourd’hui d’une expérience avérée, d’une expertise scientifique reconnue et de capacités opérationnelles », a-t-il souligné.

Pendant ce temps, l’inquiétude gagne les pays voisins. L’épidémie a franchi les frontières congolaises vers l’Ouganda, où trois nouveaux cas ont été confirmés le samedi 23 mai, portant le total à cinq cas recensés dans le pays. Les autorités ougandaises ont suspendu les transports publics vers la RDC afin de limiter les risques de transmission.

L’OMS a élevé le niveau de risque sanitaire à « très élevé » au niveau national pour la RDC, estimant que le virus « se propage rapidement ». L’organisation précise toutefois que si le risque régional demeure élevé, le risque mondial reste, pour l’instant, faible.

Cette nouvelle flambée est liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola, particulièrement préoccupante puisqu’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’est actuellement disponible contre cette variante.

INSTANTnews

Dans :

Sur le même thème