RDC : le DG de la SNEL déchu par l’Assemblée nationale

Interpellé par le député Prosper Bukasa sur la question de desserte de l’électricité et de la qualité de services rendu à sa clientèle en RDC, Fabrice Lusinde, directeur général de la Société Nationale d’Électricité (SNEL SA) a été destitué mercredi 12 avril par l’Assemblée nationale. Il lui est reproché la mauvaise gestion de la société et la qualité de desserte en électricité à Kinshasa comme dans les autres provinces du pays.

Après-avoir exercé pendant sept ans comme directeur général adjoint de la SNEL, M. Lusinde est incapable de relever le défi cinq mois après son élévation à la tête de cette entreprise publique du portefeuille de l’État congolais. Pas convainquant, l’auteur de la question orale a été obligé de transformer son initiative en motion de défiance.

Dans sa réplique, le DG Lusinde est revenu sur le plan d’action 2023-2027, lequel porte sur le redressement de la SNEL. Il s’agit de son propre diagnostic de ses premiers mois en tant que directeur général de la SNEL SA, lequel s’articule autour des axes suivants : améliorer le service à la clientèle, réduire les délestages et les proches noires à travers notamment l’installation systématique des compteurs, soit un client, un compteur.

La grande faiblesse de la société, depuis sa création en 1970, explique M. Lusinde, est le fait que la majorité de ses clients ne disposent pas de compteurs. Sans compteur, poursuit-il, on ne sait pas mesurer la quantité d’énergie qui circule dans la ville. « C’est comme une station-service avec pompe, mais sans compteur. Chacun vient et reçoit ce que le pompiste veut bien lui donner. C’est cette logique qui a entraîné la facturation forfaitaire, etc. ».

« Aujourd’hui, la grande difficulté liée aux délestages, c’est le fait que la ville de Kinshasa, miroir du pays, est sous une dynamique de croissance urbaine très importante. Mais comme il n’y a pas de compteur, on ne sait pas quelle quantité d’énergie est consommée par ces nouveaux bâtiments qui fleurissent dans la ville, un peu partout. Et comme il y a un décalage entre l’octroi de permis de construire et le raccordement à l’électricité, il y a toujours un problème. Par exemple, sur l’avenue de 18 Parcelles, un des propriétaires a vendu sa parcelle et le nouvel acquéreur a construit six appartements, ce qui a entraîné des pannes de câble parce que la charge a augmenté. Et ce qu’on n’a pas suffisamment souligné la dernière fois, il y a un découplage entre la politique de l’urbanisme et la politique de l’électrification en milieu urbain. En principe, lorsqu’on sollicite un permis de construire, on dépose en même temps un dossier dans lequel on inclut le schéma électrique et on précise la puissance pour laquelle on souscrit. Généralement, ces commissions se réunissent sans jamais associer les agents de la SNEL et de la Regideso. Ils viennent après, juste pour constater », a-t-il débobiné sur voix monocorde et sans trop de conviction.

Rappelons que c’est depuis le 05 avril dernier que le désormais ex-DG de la SNEL a expliqué les causes des coupures intempestives d’électricité, la situation de desserte en énergie électrique dans la capitale. Il avait, par ailleurs présenté des solutions préconisées pour améliorer la desserte à court terme, en réponse aux préoccupations de la représentation nationale.

François Kitoko

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