Après la mission d’une délégation du gouvernement central en Afrique Australe, afin de s’enquérir de la situation auprès de fournisseurs de farine de maïs dans le Grand Katanga, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya révèle qu’il y aurait une main noire derrière cette crise. En Zambie, la délégation gouvernementale s’est rendu compte que le mot d’ordre avait été donné afin de ne plus vendre cette denrée alimentaire à la RD Congo.
Lors du briefing de presse tenu lundi 08 mai à la télévision nationale, le ministre de la communication et des médias a qualifié cette démarche de politicienne et de diabolique.
« Évidemment, nous n’avons pas de production locale suffisante. Il fallait discuter avec les autorités zambiennes d’abord pour comprendre ce qui se passait. Donc, quelqu’un a décidé de ne plus vendre la farine de maïs à la RDC et de ne plus laisser passer les maïs importés, par exemple d’Afrique du Sud. Il s’agit d’une situation politique parce qu’il y a un objectif clair, celui de semer la tension et le soulèvement de la population. Lorsque le prix de maïs était à 45.000fc, d’un coup vous l’achetez à un prix double, cette majoration va vous rendre nerveux et cela crée une forme de surchauffe. Donc, ça, c’est politique, je dirais même, c’est démoniaque de penser causé du tort, alors que les Congolais sont déjà dans des situations assez difficiles. Mais, de manière délibérée vous utilisez des réseaux qui empêchent aux Congolais d’avoir leur denrée alimentaire principale », a-t-il révélé.
Le ministre de la Communication et médias a rassuré tout de même que les dispositions sont prises pour résoudre cette situation de crise alimentaire dans le Grand Katanga à long terme.
« Les mesures vont être prises et nous allons travailler avec la FEC. On va planter, parce qu’il y a des saisons pour planter et nous allons voir dans quelle condition on peut le faire. Je vous ai parlé de la réquisition de plusieurs hectares dans toutes les provinces du pays. Le ministre des affaires foncières a été associé à la réunion ÉCOFIN élargie parce qu’il est question de mettre des terres à la disposition des compatriotes pour s’assurer que nous avons une production suffisante pour couvrir nos besoins, c’est sur quoi nous travaillons maintenant », a dit le porte-parole du gouvernement.
De son côté le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Vitale Kamerhe a attribué, vendredi 21 avril au Conseil des ministres, la hausse du prix de maïs à la faible production locale dudit produit agricole. Il a aussi évoqué les causes exogènes, dont la réduction de l’offre zambienne et le coût élevé d’importation de cette denrée d’Afrique du Sud et la détérioration du climat dans la région.
Rappelons que depuis plusieurs semaines, les villes de Lubumbashi dans le Haut-Katanga et Kolwezi dans le Lualaba sont frappées par la hausse vertigineuse de la farine de maïs, aliment de base de la population de ces contrées de la RDC. Un sac de 25 kg qui se vendait à 20 mille francs congolais est vendu aujourd’hui à 90.000 FC voire 100.000 FC. Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, avait même saisi le Chef de l’État Félix Tshisekedi pour une solution durable.
Landry Kamango
