Six mois après la reprise des combats dans l’est de la République Démocratique du Congo, la crise humanitaire atteint un niveau critique. Les violences persistantes, la faim et les déplacements massifs plongent des millions de Congolais·e·s dans une détresse extrême. Oxfam alerte sur l’ampleur de la catastrophe et appelle à une mobilisation internationale urgente.
Près de 27,7 millions de personnes souffrent de la faim, soit l’équivalent de 40 % de la population française. On compte 7,8 millions de déplacés internes, majoritairement des femmes et des enfants, tandis que plus de 21 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence.
La recrudescence des affrontements, notamment autour de Goma, a aggravé une crise déjà extrême. Des milliers de familles ont été forcées de quitter à nouveau leurs foyers, souvent pour découvrir leurs villages détruits et un système d’aide au bord de l’effondrement. Privées d’abris décents, nombre d’entre elles se réfugient aujourd’hui dans des écoles ou des églises surpeuplées, dépourvues d’eau, d’électricité et de soins.
Des années de crises et de souffrances
À ces violences s’ajoutent des épidémies récurrentes (Ebola, choléra, rougeole, COVID-19) et des catastrophes naturelles qui ont détruit de nombreuses infrastructures.
Selon Oxfam, cette accumulation de crises plonge la population congolaise dans une spirale de pauvreté et d’instabilité chronique. « La population congolaise vit depuis trop longtemps dans la peur et la précarité. L’aide internationale est vitale pour leur survie », alerte Oxfam.

Les enfants paient un lourd tribut : scolarité interrompue, traumatismes, enrôlement forcé dans des groupes armés.
Les femmes et les filles subissent quant à elles une explosion de violences : Oxfam rapporte une hausse de 300 % des violences sexistes ces dernières années. Plus de 3 millions de femmes auraient été victimes de violences sexuelles depuis le début du conflit, dont 1,5 million de viols recensés.
Une aide internationale en chute libre
Malgré l’urgence, les financements humanitaires s’effondrent. Les coupes budgétaires américaines ont réduit de 70 % l’aide destinée à la RDC, tandis que la France ne couvre que 0,5 % des besoins identifiés. Résultat : seuls 15 % des besoins humanitaires du pays sont actuellement financés. « Sans un soutien massif et rapide, des millions de vies sont en danger », prévient Oxfam, qui exhorte la communauté internationale à condamner les affrontements et à imposer un cessez-le-feu effectif.
Présente en RDC depuis 1961, Oxfam et ses partenaires locaux interviennent dans les provinces du Nord-Kivu, Sud-Kivu et Ituri. Leur mission : fournir de l’eau potable, des kits d’hygiène, de la nourriture et des abris temporaires aux populations les plus vulnérables.

Récemment, l’organisation a construit et réhabilité 31 bornes-fontaines à Bushuwe et distribué de l’aide alimentaire dans plusieurs villages de l’Est, dont Bukumbi, Mutshibwe, Nyabiondo et Ziribudagala.
« Nous nous sommes retrouvés en plein milieu des tirs. La faim est généralisée et nous n’avons aucune source de revenus », témoigne Kahindo Tantine, agricultrice et mère de six enfants. « Notre plus grand rêve est de retrouver notre vie d’avant. »
Un appel à la solidarité
Face à l’ampleur de cette tragédie, Oxfam appelle à la solidarité internationale pour restaurer non seulement des maisons, mais aussi des vies, des rêves et des espoirs.
L’organisation invite chacun à soutenir ses actions afin de continuer à fournir de l’eau potable, des soins médicaux et des abris temporaires aux millions de déplacés congolais.
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