Kinshasa : la capitale qui perd ses repères

Dans la ville province de Kinshasa, beaucoup de citoyens ont aujourd’hui le sentiment que la capitale perd peu à peu ses repères. Au fil des années, des comportements autrefois condamnés semblent devenir banals : l’anarchie dans l’espace public, l’incivisme sur les routes, les injures publiques même dans les débats et le trafic d’influence dans plusieurs sphères de la vie sociale.

Le quotidien des Kinoises et des Kinois est marqué par une accumulation de difficultés. Embouteillages interminables, manque criant de transports publics (dossier Tramway toujours en discussion, Transco invisible sur les routes) multiplication des taxes, saleté dans plusieurs quartiers, insécurité persistante et corruption alimentent un profond malaise urbain. À cela s’ajoutent des scènes récurrentes de violences, parfois attribuées aux forces chargées de faire respecter l’ordre, qui renforcent le sentiment de frustration chez une partie de la population kinoise.

Sur le plan social, les inquiétudes sont tout aussi visibles. Le coût de l’éducation de base devient de plus en plus élevé pour de nombreuses familles. Le fonctionnaire de l’Etat toujours impayé (certains accumulent des années d’arriérés). Le chômage frappe une jeunesse souvent livrée à elle-même, faute d’encadrement et d’opportunités. Dans les quartiers comme sur les réseaux sociaux, certains dénoncent une dégradation progressive des mœurs et du vivre-ensemble.

Pendant ce temps, les scandales liés aux détournements de fonds publics continuent de nourrir la colère populaire. Beaucoup reprochent à une partie de la classe politique de privilégier les intérêts personnels au détriment du bien commun, alors que la ville fait face à d’immenses défis d’urbanisation, d’assainissement et de mobilité.

À chaque pluie, Kinshasa semble d’ailleurs rappeler la fragilité de ses infrastructures. Des avenues se transforment en torrents, paralysant la circulation et exposant des milliers d’habitants aux inondations et aux maladies.

Pour de nombreux observateurs Kinois en particulier et Congolais en général, ces problèmes ne sont pas seulement matériels : ils traduisent aussi une crise des valeurs et de la responsabilité collective. Car une ville ne se construit pas uniquement avec du béton et des routes, mais aussi avec des règles respectées, des institutions crédibles et une citoyenneté active (prendre soins de son environnement).

La question qui se pose désormais est simple : comment redonner à la ville de Kinshasa le sens de l’ordre, de la responsabilité et du bien commun ? Sans une prise de conscience collective, des dirigeants comme des citoyens, la capitale congolaise risque de s’enfoncer davantage dans un désordre qui finit par peser sur la vie quotidienne de tous.

François Kitoko

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