De Kinshasa à Bridgetown : Afreximbank injecte 5 milliards de dollars pour bâtir un pont économique entre l’Afrique et les Caraïbes

Alors que la République Démocratique du Congo cherche à diversifier son économie, une révolution silencieuse s’opère de l’autre côté de l’Atlantique. Afreximbank vient d’annoncer le passage de son enveloppe de financement pour les Caraïbes de 3 à 5 milliards de dollars. L’objectif ? Transformer nos économies pour que nos ressources profitent enfin à nos populations.

Imaginez un monde où un entrepreneur de Kinshasa ou de Lubumbashi pourrait exporter ses services ou ses produits vers la Jamaïque ou la Barbade aussi facilement que vers une province voisine. Ce rêve d’une « Afrique Globale » est en train de devenir une réalité financière sous l’impulsion d’Afreximbank (Banque Africaine d’Import-Export).


Lors du 50e sommet du CARICOM (Communauté des Caraïbes) à Saint-Kitts-et-Nevis, le Dr Elombi a frappé fort : la limite de financement pour la région passe à 5 milliards de dollars. Mais au-delà des chiffres, c’est la stratégie qui résonne avec les ambitions de la RDC.

« Changer la structure de nos économies »

Le discours du Dr Elombi, President d’Afreximbank rejoint les préoccupations quotidiennes des Congolais : la fin de l’exportation des matières premières à l’état brut. « Notre vision pour la prochaine décennie est de changer la structure de nos économies », a-t-il déclaré. La banque va investir massivement dans la transformation locale des produits agricoles et des ressources naturelles. L’idée est simple mais radicale : transformer sur place pour créer des emplois, de la richesse et améliorer le niveau de vie.

Des géants africains à la conquête des Antilles

Ce projet n’est pas qu’une affaire de gouvernements. Des fleurons du secteur privé africain sont déjà en marche. Afreximbank facilite l’installation dans les Caraïbes de groupes tels qu’Access Bank, Oando et surtout Arise IIP (déjà bien connu sur le continent pour ses zones économiques spéciales).
Ces entreprises ne vont pas là-bas en terrain inconnu ; elles exportent un savoir-faire africain pour développer des infrastructures, des centrales électriques et des centres logistiques. Pour le public congolais, c’est le signe d’une Afrique qui ne tend plus seulement la main, mais qui déploie ses propres capitaux.

Un système de paiement révolutionnaire

L’un des points les plus concrets pour faciliter ce commerce transatlantique est l’adoption d’un système de règlement calqué sur le PAPSS (Pan-African Payment and Settlement System). Ce système permet de commercer en monnaies locales, réduisant ainsi la dépendance coûteuse au dollar américain. Une innovation qui, si elle s’étend, pourrait transformer la manière dont nos entreprises interagissent avec le reste du monde.

Le rendez-vous de juillet 2026

Le sommet a également servi de tremplin pour annoncer le cinquième Forum du commerce et de l’investissement Afrique-Caraïbes (ACTIF2026), qui se tiendra en juillet prochain. Ce sera le lieu de rencontre entre les investisseurs, les créatifs et les décideurs des deux régions.


En renforçant la connectivité maritime et aérienne entre les deux continents, Afreximbank ne finance pas seulement des routes ou des ports ; elle construit un marché commun pour 1,4 milliard d’Africains et la diaspora des Caraïbes. Un message d’espoir et de souveraineté qui prouve que l’union fait, plus que jamais, la force économique.

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