Malgré un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’est du pays et les incertitudes de l’économie mondiale, la République démocratique du Congo continue d’afficher des indicateurs macroéconomiques jugés encourageants. Réuni mercredi à Kinshasa sous la présidence de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, le Comité de conjoncture économique (CCE) a dressé un état des lieux globalement positif de la situation économique et financière du pays, tout en appelant à une vigilance accrue face aux risques extérieurs.
À l’issue de la réunion, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a souligné la capacité de l’économie congolaise à absorber les chocs internes et internationaux.
« L’économie congolaise est demeurée résiliente. La stabilité générale des prix ainsi que celle du taux de change observée depuis plusieurs mois témoignent de cette solidité », a-t-il déclaré devant la presse.
Cette stabilité intervient alors que la RDC continue de faire face aux conséquences économiques de la crise sécuritaire dans l’Est du pays et aux turbulences affectant plusieurs marchés internationaux.
Miser sur l’agriculture pour réduire la dépendance extérieure
Conscient des vulnérabilités structurelles de l’économie congolaise, le Gouvernement entend désormais renforcer les mécanismes de résilience à travers une politique plus soutenue d’investissements dans la production agricole nationale.
Pour le Comité de conjoncture économique, le développement de l’agriculture constitue l’un des leviers essentiels permettant de réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires et d’atténuer l’impact des fluctuations des marchés mondiaux.
Selon Daniel Mukoko Samba, plusieurs indicateurs économiques plaident pour une accélération des investissements dans ce secteur stratégique afin de consolider durablement la stabilité économique et renforcer la sécurité alimentaire.
Une résistance aux tensions du marché pétrolier

Les membres du Comité ont également examiné les effets des perturbations récentes observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures.
Malgré la hausse des cours mondiaux enregistrée ces derniers mois, les autorités congolaises estiment avoir réussi à préserver l’approvisionnement du marché national en carburants et à limiter les répercussions sur les consommateurs.
Le Gouvernement considère que la RDC figure parmi les économies africaines ayant relativement bien résisté aux tensions du secteur pétrolier, grâce notamment aux mécanismes de régulation mis en place pour amortir les effets de la volatilité internationale.
Les eurobonds au service des investissements publics
Autre dossier majeur examiné lors de cette réunion : l’utilisation des ressources mobilisées grâce à la récente émission d’eurobonds sur les marchés financiers internationaux.
Le Gouvernement a présenté les mécanismes de gestion et d’affectation de la première tranche de financement obtenue dans le cadre de cette opération, saluée comme une étape importante dans l’ouverture de la RDC aux marchés financiers mondiaux.
D’un montant de 650 millions de dollars américains, cette première tranche devrait contribuer au financement de plusieurs projets structurants prévus dans le budget 2026.
Pour les autorités, cette opération constitue un signal positif envoyé aux investisseurs internationaux quant à la crédibilité financière du pays et à sa capacité à mobiliser des ressources en dehors des circuits traditionnels de financement.
Maintenir la prudence face aux risques mondiaux
Si les indicateurs actuels demeurent favorables, le Gouvernement insiste néanmoins sur la nécessité de maintenir une gestion prudente de l’économie nationale.
La relance des travaux réguliers du Comité de conjoncture économique vise précisément à assurer un suivi permanent des principaux agrégats économiques et à anticiper les éventuelles répercussions des chocs internationaux sur l’économie congolaise.
Autour de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, cette réunion a réuni les ministres en charge de l’Économie, des Finances et du Budget ainsi que des représentants de la Banque centrale du Congo, dans le cadre de la coordination des politiques destinées à préserver la stabilité macroéconomique et soutenir la croissance du pays.
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