Transition énergétique : quand Afreximbank parie sur la mobilité électrique africaine

Dans un continent où la mobilité reste l’un des principaux leviers de développement, un vent d’innovation souffle. Le Fonds de développement des exportations en Afrique (FEDA), filiale d’investissement à impact de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank), a annoncé un investissement de 75 millions de dollars dans Spiro, pionnier de la moto électrique sur le continent. L’entreprise, née en 2022, s’impose déjà comme le premier assembleur de deux-roues électriques en Afrique, disposant du réseau d’échange de batteries le plus vaste et à la croissance la plus rapide.

Cet investissement, au-delà de sa portée financière, marque un tournant symbolique dans la stratégie industrielle africaine. Il s’inscrit dans la volonté d’Afreximbank de favoriser une industrialisation intégrée, en reliant les acteurs de la chaîne de valeur – des fournisseurs de technologies aux fabricants locaux – pour bâtir un écosystème automobile africain capable de rivaliser avec les marchés mondiaux.

Le Dr George Elombi, président d’Afreximbank et du FEDA, ne cache pas son ambition :

« Avec ce partenariat, la Banque jette les bases d’une nouvelle ère pour le commerce et l’industrialisation intra-africains. Il s’agit de stimuler la fabrication locale de véhicules, de renforcer l’intégration régionale et de réduire la dépendance du continent aux véhicules d’occasion importés. »

L’investissement intervient à un moment charnière. Sur plusieurs marchés africains, des politiques publiques favorisent l’adoption des véhicules électriques, dessinant les contours d’un avenir moins dépendant des carburants fossiles. Dans ce contexte, Spiro se positionne comme un catalyseur de la transition énergétique, proposant une alternative propre, abordable et adaptée aux réalités africaines.

Son fondateur, Gagan Gupta, y voit une opportunité historique :

« L’expansion rapide de Spiro témoigne du fort appétit du continent pour des transports propres et accessibles. En développant notre infrastructure d’échange de batteries et en intégrant des énergies renouvelables, nous créons un potentiel de croissance unique pour la mobilité et la distribution d’énergie en Afrique. »

Avec plus de 60 000 motos électriques déjà déployées et 1 200 stations d’échange opérationnelles, Spiro réinvente les codes du transport urbain. Chaque échange de batterie devient un geste écologique, chaque trajet une étape vers un modèle de mobilité durable.

Pour Marlène Ngoyi, Directrice générale du FEDA, cet investissement incarne le mariage entre rentabilité et impact social :

« Spiro a su démontrer la solidité de son modèle économique et sa capacité d’adaptation. La demande croissante pour une mobilité abordable et durable prouve que l’Afrique peut être à l’avant-garde de l’innovation verte. »

Au-delà des chiffres, cette alliance entre FEDA et Spiro symbolise une vision : celle d’une Afrique qui invente ses propres solutions pour affronter les défis climatiques et économiques. Une Afrique qui ne se contente plus d’importer les modèles du monde, mais qui façonne, pas à pas, son avenir énergétique et industriel.

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