À Alger, lors de la Foire intra-africaine (IATF 2025), Helen Brume, directrice et responsable mondiale du financement de projets et d’actifs à l’Afreximbank, a dévoilé un projet d’envergure qui illustre les ambitions industrielles du continent.
Un parc industriel transfrontalier sera implanté entre la Zambie et la République démocratique du Congo (RDC), destiné à la production de précurseurs de batteries, éléments essentiels de la chaîne de valeur des véhicules électriques. « L’objectif est d’attirer des fabricants internationaux de précurseurs de batteries afin qu’ils s’installent sur place, renforçant ainsi nos capacités locales de production », a expliqué Mme Brume.
La localisation n’est pas un hasard : la Zambie et la RDC figurent parmi les plus grands producteurs mondiaux de cuivre et de cobalt, métaux indispensables à la fabrication des batteries. Leur appartenance commune à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) renforce en outre la cohérence régionale du projet, en s’inscrivant dans les dynamiques d’intégration économique.
Le projet, soutenu par une subvention d’un million de dollars de l’Afreximbank et facilité par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), bénéficie déjà de terrains mis à disposition par les deux États. La construction devrait démarrer rapidement, avec une mise en service envisagée dans un horizon de 18 à 24 mois.
Pour Afreximbank, ce projet coche plusieurs cases de l’Agenda de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) : capter davantage de valeur ajoutée sur le continent, promouvoir l’intégration régionale et créer de l’emploi. « Nous estimons qu’au moins 15 000 postes seront générés dans les deux pays, avec des effets d’entraînement sur toute une filière industrielle », a indiqué Mme Brume.
Au-delà des retombées économiques, l’initiative s’inscrit dans la stratégie africaine de transition énergétique. « Pour nous, la priorité est d’utiliser nos ressources naturelles pour industrialiser, tout en accompagnant la transition énergétique mondiale. Ce projet nous permet de participer à cette transition d’une manière qui profite réellement au continent », a-t-elle insisté.
Quant aux risques d’investissement dans une zone transfrontalière, Helen Brume les relativise. « Le risque est davantage une question de perception. Les gouvernements zambien et congolais comprennent la valeur immense de ce projet et participent directement, en apportant notamment les terrains comme contribution en capital », a-t-elle souligné.
Si le calendrier est respecté, ce parc industriel pourrait devenir un modèle reproductible ailleurs sur le continent, en créant un effet domino sur les infrastructures et les services logistiques associés. « Une fois que ce parc sera opérationnel, il servira de vitrine et de catalyseur pour d’autres initiatives stratégiques en Afrique », a conclu Mme Brume.
