Le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu a survécu jeudi à deux motions de censure successives déposées par La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN). La première, initiée par les insoumis, n’a recueilli que 271 voix, soit 18 de moins que la majorité absolue requise (289).
Cette issue permet à l’exécutif de se maintenir en fonction, au terme d’une journée de débats tendus à l’Assemblée nationale.
Une promesse de suspension des retraites décisive
La survie du gouvernement s’explique en partie par l’attitude du Parti socialiste, qui a choisi de s’abstenir, après avoir obtenu du Premier ministre la suspension de la réforme des retraites jusqu’à l’élection présidentielle de 2027.
Les écologistes, les communistes et le Rassemblement national ont, eux, voté pour la motion, tandis que les députés Les Républicains (LR) ont majoritairement soutenu le gouvernement.
Lecornu appelle à la responsabilité
Avant le vote, Sébastien Lecornu a pris la parole pour dénoncer une tentative de blocage institutionnel et appeler les députés à la responsabilité. « Ce moment est un moment de vérité entre l’ordre républicain et le désordre », a-t-il déclaré. « Ne prenez pas en otage le budget de la nation et celui de la Sécurité sociale. Soit on rentre dans les débats, soit on rentre dans la crise politique. »
Le chef du gouvernement s’apprête désormais à ouvrir les discussions sur le projet de loi de finances 2026, un texte majeur qui pourrait à nouveau mettre à l’épreuve la fragile majorité présidentielle.
Une seconde motion rejetée sans surprise
Après l’échec de la motion des insoumis, l’Assemblée a également rejeté celle du Rassemblement national, qui n’avait aucune chance d’aboutir faute de soutien au-delà de son propre camp.
Avec ce double rejet, Sébastien Lecornu sort renforcé — pour un temps — d’un épisode parlementaire tendu, où sa promesse d’apaisement autour de la question des retraites a permis d’éviter une crise gouvernementale immédiate.
