RDC : La prise d’Uvira au cœur d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU

Le Conseil de sécurité des Nations Unies se réunit ce vendredi en session d’urgence pour examiner la détérioration rapide de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo (RDC), après la prise de la ville stratégique d’Uvira par les rebelles du M23/AFC, une avancée militaire qui bouleverse l’équilibre dans l’est du pays et relance les inquiétudes régionales.

Située dans la province du Sud-Kivu, sur le littoral nord du lac Tanganyika, et considérée comme un carrefour vital vers le Burundi et la Tanzanie, Uvira est tombée il y a trois jours après une percée fulgurante du M23/AFC. Les Forces armées de la RDC (FARDC) se sont repliées vers le centre et l’ouest de la province, laissant la ville sous contrôle rebelle.

Des sources locales décrivent une ville quasi désertée, des quartiers entiers vidés de leurs habitants, et des tirs sporadiques encore entendus dans certains secteurs malgré une présence rebelle désormais bien installée.

Le gouvernement congolais a réagi avec colère, dénonçant « une agression manifeste du Rwanda », déjà accusé à plusieurs reprises de soutenir et d’armer le M23. Kinshasa estime que Kigali a « violé l’accord de Washington » signé début décembre et censé ouvrir la voie à une désescalade.

La prise d’Uvira a provoqué un déplacement massif des populations. Des dizaines de milliers de civils ont fui en direction de la plaine de la Ruzizi et du poste-frontière de Kavimvira, tandis qu’un afflux inhabituel de réfugiés est enregistré au Burundi.

Les organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme :

  • Accès à l’aide interrompu,
  • Écoles transformées en camps de fortune,
  • Risque épidémique accru, notamment choléra et rougeole,
  • Insécurité alimentaire sévère dans plusieurs zones du Sud-Kivu.

Pendant ce temps, des rapports évoquent des victimes civiles nombreuses dans les combats ayant précédé la chute de la ville.

La prise d’Uvira a immédiatement attiré l’attention des partenaires internationaux de la RDC.

La France, les États-Unis et plusieurs pays européens ont condamné l’offensive et mis en garde contre une possible régionalisation du conflit, rappelant que l’avancée des rebelles menace désormais les frontières du Burundi.

À Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a convoqué un Conseil de crise et appelé « à la responsabilité et à la vigilance de toutes les institutions ». Il a également demandé au Conseil de sécurité de prendre « des mesures fortes » pour stopper l’offensive rebelle et « empêcher l’embrasement de toute la région des Grands Lacs ».

Réuni à New York, le Conseil de sécurité consacre la majeure partie de ses travaux à Uvira, considérée comme un tournant stratégique majeur dans l’est de la RDC. Plusieurs pays plaident pour :

  • Des sanctions ciblées contre les chefs rebelles et leurs soutiens,
  • Une pression diplomatique accrue sur le Rwanda,
  • Le renforcement de la protection des civils,
  • Un cadre de négociation capable d’inclure le M23, jusqu’ici exclu du processus de Washington.

Selon plusieurs diplomates, la chute d’Uvira pourrait remettre en cause l’ensemble du calendrier des pourparlers engagés entre Kinshasa et Kigali.

L’avancée du M23/AFC à Uvira relance les interrogations sur la capacité des FARDC à défendre des positions clés, mais aussi sur l’efficacité des efforts diplomatiques internationaux.

Si aucune décision forte n’est prise rapidement, craignent des observateurs, la guerre pourrait s’étendre aux frontières du Burundi et fragiliser encore davantage une région des Grands Lacs déjà marquée par deux décennies de conflits.

La session de ce vendredi à l’ONU pourrait ainsi s’avérer cruciale pour déterminer la suite : désescalade négociée ou nouvelle spirale de violence.

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