Haut-Katanga : l’ARDEV se fracture, Jacques Kyabula désavoué tandis que son camp dénonce une opération de déstabilisation

La crise politique qui secoue l’Action pour la Rupture et le Développement (ARDEV) a franchi une nouvelle étape. Plusieurs membres du bureau politique national et hauts cadres du parti ont annoncé jeudi leur retrait de confiance politique et organisationnelle à l’égard de leur président national, Jacques Kyabula Katwe, accentuant davantage l’incertitude autour de l’avenir de cette formation politique.

Dans une déclaration publique, les signataires reprochent à l’ancien gouverneur du Haut-Katanga une gestion qu’ils qualifient d’autocratique et opaque, estimant que ses méthodes de direction seraient contraires aux textes fondateurs du parti. Ils l’accusent également d’avoir affaibli les relations de l’ARDEV avec les institutions de l’Union Sacrée de la Nation et d’avoir négligé l’encadrement des militants.

Selon ces cadres, les décisions unilatérales attribuées à Jacques Kyabula auraient contribué à plonger le parti dans une crise profonde susceptible de compromettre sa cohésion et son avenir politique. Ils annoncent, dans ce contexte, la mise en place d’un comité de crise chargé de conduire un processus de restructuration interne.

Les signataires réaffirment par ailleurs leur soutien au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et appellent les militants à se mobiliser pour préserver la place de l’ARDEV au sein de la majorité présidentielle.

Cette fronde intervient quelques semaines après la démission de Jacques Kyabula de ses fonctions de gouverneur du Haut-Katanga. Convoqué à Kinshasa pour s’expliquer sur des déclarations politiques controversées, il avait finalement remis sa démission au Chef de l’État. Depuis lors, la gestion de la province est assurée à titre intérimaire par Martin Kazembe Shula, dans l’attente de l’élection d’un nouveau gouverneur.

Toutefois, le camp de Jacques Kyabula rejette fermement cette remise en cause de son leadership. Dans une réaction transmise aux médias, des responsables de l’ARDEV accusent Martin Kazembe Shula d’avoir orchestré une opération visant à obtenir le désaveu de l’ancien gouverneur.

Selon eux, une dizaine de cadres du parti auraient été approchés avec des promesses de postes et des avantages financiers afin de prendre publiquement position contre Jacques Kyabula. Le parti estime que cette démarche serait liée aux enjeux entourant la future convocation du collège électoral chargé d’élire un nouveau gouverneur du Haut-Katanga.

Les proches de l’ancien gouverneur considèrent que leur leader demeure une figure politique influente dans la province et affirment que certaines forces chercheraient à réduire son poids politique à l’approche des prochaines échéances institutionnelles.

À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part du gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula concernant ces accusations.

Cette confrontation interne révèle les tensions croissantes au sein de l’ARDEV et pourrait avoir des répercussions importantes sur l’équilibre politique dans le Haut-Katanga, province stratégique en raison de son poids économique et minier. L’évolution de cette crise sera suivie de près tant par les acteurs politiques provinciaux que par la majorité présidentielle.

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