La classe politique congolaise est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo, affectueusement appelée « Mama Nzuzi », est décédée ce mercredi à Kinshasa à l’âge de 81 ans.
Née le 19 décembre 1944 à Tshumbe Sainte-Marie, dans l’actuel Sankuru, Catherine Nzuzi wa Mbombo grandit à Luluabourg (aujourd’hui Kananga) dans une famille profondément engagée politiquement. Son père, Henri Nzuzi Kamande Tshipuka, premier bourgmestre de Ndesha et sénateur de la première législature, a fortement inspiré son parcours. Troisième d’une fratrie de neuf enfants, elle s’initie très tôt à l’administration et à l’engagement civique.
Elle a marqué l’histoire politique congolaise par la longévité et la diversité de ses fonctions. Elle débute en 1966 au sein du comité de base du MPR et de l’Union des Femmes du Congo (UFC), dont elle deviendra Secrétaire générale. Elle occupe successivement les postes de bourgmestre de Léo 2 à Kalina, inspectrice d’État, vice-gouverneure de Kinshasa, puis gouverneure du Bas-Zaïre (actuel Kongo Central) et gouverneure de Kinshasa en 1985.
Membre influente du Comité central et deuxième vice-présidente du Bureau politique du MPR, elle a exercé des fonctions proches de celles de vice-présidente de la République. Fidèle au mobutisme, elle a traversé les régimes, de Mobutu Sese Seko à Joseph Kabila, et participé à la Transition (2003-2006) comme ministre de la Solidarité et des Affaires humanitaires, représentant la composante de l’opposition.
En 2006, elle a été candidate à la première élection présidentielle post-transition, confirmant son rôle de personnalité incontournable de la vie politique congolaise.
Reconnue pour son sens de la diplomatie et sa maîtrise des dossiers politiques, Catherine Nzuzi wa Mbombo était une femme de caractère et de conviction. Sa fidélité aux idéaux du mobutisme et son engagement constant pour le développement de son pays ont fait d’elle une figure emblématique et respectée par toutes les générations de Congolais.
INSTANTnews
