Des tensions meurtrières ont éclaté dimanche 26 octobre à Douala, capitale économique du Cameroun, où des centaines de partisans du candidat d’opposition Issa Tchiroma Bakary sont descendus dans les rues pour réclamer ce qu’ils qualifient de « victoire volée » à la présidentielle face au chef de l’État sortant Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 43 ans.
Affrontements et tirs à balles réelles
Selon un communiqué publié dans la nuit de dimanche à lundi par Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, gouverneur de la région du Littoral, les manifestations ont dégénéré en affrontements directs avec les forces de sécurité. « Ces individus ont attaqué la brigade de gendarmerie de Nkoulouloun et les commissariats de sécurité publique des 2ᵉ et 6ᵉ arrondissements de la ville de Douala », a affirmé le gouverneur, qui annonce un bilan de quatre morts et plusieurs blessés parmi les forces de sécurité.
Sur place, un journaliste de l’AFP a constaté la présence de douilles de munitions exhibées par des manifestants, qui accusent les forces de l’ordre d’avoir tiré « à balles réelles » après une première salve de gaz lacrymogènes. « Ils ont tiré, trois personnes, trois corps sont tombés devant nous », a témoigné un manifestant ayant requis l’anonymat.
Avec l’AFP
