Le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), formation politique fondée par l’ancien président Joseph Kabila, vient d’être officiellement notifié de la suspension de ses activités par le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, conformément à un arrêté du ministère de l’Intérieur.
Selon un acte de signification consulté par la rédaction d’INSTANTnews, cette procédure a été effectuée à la requête du Secrétaire Général aux Relations avec les partis politiques, en exécution de l’arrêté ministériel N°25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/060/2025, signé le 18 octobre 2025 par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo.
L’acte a été rédigé et signifié par Panzu Salah, Greffier près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe. En raison de l’absence de résidence connue du Secrétaire permanent du PPRD, la copie du document a été affichée à la porte principale du Tribunal et transmise au Journal officiel, conformément à la procédure légale.
Cette notification intervient alors que le PPRD avait récemment repris ses activités politiques à travers le pays, multipliant réunions et déclarations publiques. Le parti, considéré comme la principale force de l’opposition issue de l’ère Kabila, avait annoncé vouloir « réaffirmer sa présence sur l’échiquier politique national » en vue des prochaines échéances électorales.
Une décision motivée par des raisons de sécurité nationale
L’arrêté ministériel du 18 octobre fonde la suspension du parti sur le comportement jugé “ambigu” de Joseph Kabila, accusé d’entretenir des liens ou un soutien indirect au mouvement rebelle M23, actif dans l’Est du pays. Selon le texte, cette attitude serait de nature à porter atteinte à la cohésion nationale et à l’ordre public, justifiant la suspension préventive du PPRD sur l’ensemble du territoire national.
Pour l’heure, le PPRD n’a pas encore réagi publiquement à cette signification judiciaire. Mais en interne, certains cadres dénoncent déjà ce qu’ils qualifient de « persécution politique » visant à museler l’opposition à la veille des échéances politiques à venir.
François Kitoko
