L’Intersyndicale nationale du Congo appelle les travailleurs des établissements et services publics rémunérés au budget annexe au calme après les réactions suscitées par la retenue de 5 % opérée sur leurs salaires au titre des cotisations sociales destinées à la retraite.
Au cours d’une conférence de presse organisée vendredi 8 mai à Kinshasa, la structure syndicale a tenu à clarifier les contours de cette mesure désormais appliquée par le Gouvernement congolais dans le cadre de la prise en charge post-carrière des agents concernés.
Selon Fidèle Kiyangi Matangila, président de l’Intersyndicale nationale du Congo, ces prélèvements s’inscrivent dans le cadre de l’affiliation des agents concernés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Au total, 46 485 agents des établissements publics sont concernés par cette opération.
Face aux nombreuses interrogations et réactions enregistrées après l’exécution de cette mesure sur la paie du mois d’avril 2026, l’Intersyndicale nationale a tenu à rassurer les travailleurs sur la légalité du processus et sur ses implications sociales.
« Les travailleurs pris en charge par le budget annexe n’étaient pas jadis desservis par la Caisse nationale de sécurité sociale », a rappelé Fidèle Kiyangi Matangila dans sa déclaration lue devant la presse.
Selon lui, les agents concernés sont désormais affiliés à la CNSS, avec une retenue salariale fixée à 5 %, tandis que la quote-part patronale de 10 % est supportée par le Gouvernement.
Des remous provoqués par un déficit d’information
L’Intersyndicale nationale reconnaît toutefois que l’absence de communication préalable autour de cette mesure a alimenté la confusion parmi les travailleurs.
« Faute d’information préalable, la retenue des cotisations sociales opérées sur les salaires a suscité des remous et des tollés », a indiqué la le président national.
Réunie en session extraordinaire le 6 mai dernier, l’Intersyndicale nationale du Congo affirme avoir décidé d’apporter des clarifications afin d’éviter toute interprétation erronée de la réforme.
Afin de dissiper les zones d’ombre autour de cette réforme, les syndicalistes annoncent une vaste campagne de vulgarisation dans les provinces. Avec l’appui de la CNSS, des équipes seront déployées pour identifier et immatriculer les travailleurs des établissements et services publics rémunérés sur le budget annexe.
« L’identification et l’immatriculation restent le principal objectif de la CNSS, tandis que la vulgarisation constitue la mission des syndicalistes », a insisté le président de l’Intersyndicale nationale.
L’Intersyndicale nationale défend le caractère légal des retenues

Dans sa communication, l’organisation a insisté sur le caractère contributif du régime actuel, aussi bien pour la CNSS que pour la CNSSAP.
« Nous voulons rassurer les travailleurs concernés sur le caractère légal des retenues opérées sur leurs salaires », a déclaré Fidèle Kiyangi Matangila, précisant que ces cotisations visent à garantir une meilleure prise en charge sociale et la sécurisation des droits à la retraite.
L’organisation syndicale a également exhorté les travailleurs à finaliser leur affiliation à la CNSS afin de bénéficier pleinement des prestations sociales prévues.
Selon les explications fournies lors de cette rencontre avec la presse, le système appliqué respecte les conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) en matière de sécurité sociale et de cotisations professionnelles.
L’Intersyndicale souligne par ailleurs que plusieurs entreprises appliquent déjà le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), contrairement à certaines structures patronales affiliées à la Fédération des entreprises du Congo (FEC), accusées de retarder son exécution.
Une promesse de vigilance syndicale
Tout en soutenant la dynamique engagée par l’État-employeur, l’Intersyndicale promet de rester attentive à toutes les étapes du processus.
« L’intersyndicale restera vigilante à toutes les étapes de la procédure allant de l’identification, de l’immatriculation et à la jouissance effective des prestations sociales », a affirmé son président, Fidèle Kiyangi Matangila.
L’Intersyndicale nationale du Congo appelle enfin les travailleurs concernés à faire preuve de sérénité, assurant qu’elle veillera au respect de leurs droits sociaux et à l’amélioration de leurs conditions de vie après la retraite.
François Kitoko
