Une nouvelle plateforme politique de l’opposition a officiellement vu le jour en République démocratique du Congo sous l’appellation Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64). Réunissant partis politiques d’opposition, organisations sociales et personnalités indépendantes, cette structure affirme vouloir s’opposer à toute initiative qu’elle considère comme une remise en cause de la Constitution du 18 février 2006 et de l’alternance démocratique.
Dans une déclaration politique rendue publique mardi à Kinshasa, les signataires dénoncent une dégradation qu’ils jugent généralisée de la situation sécuritaire, politique, économique et institutionnelle du pays. Ils évoquent notamment l’insécurité persistante dans l’Est, les déplacements massifs de populations, les difficultés économiques ainsi que ce qu’ils qualifient d’affaiblissement des institutions publiques.
La coalition accuse également le président Félix Tshisekedi de poursuivre un projet visant, selon elle, à modifier ou contourner les dispositions constitutionnelles limitant le nombre de mandats présidentiels.
« Toute tentative de changer de Constitution, par quelque mécanisme que ce soit, est un renversement de l’ordre constitutionnel », soutient la déclaration, qui fait référence aux dispositions des articles 64 et 220 de la Constitution congolaise.
Les membres de la plateforme estiment que la Constitution actuelle constitue « le socle de l’unité nationale » et rappellent que certaines dispositions, notamment celles relatives à la durée et au nombre des mandats présidentiels, sont considérées comme intangibles par la loi fondamentale.
La coalition a par ailleurs exprimé son opposition à toute proposition de loi référendaire qui pourrait, selon elle, ouvrir la voie à une révision constitutionnelle. Les signataires exigent le retrait de tout texte allant dans ce sens, qu’ils considèrent comme une menace pour l’équilibre institutionnel du pays.
Dans leur déclaration, les responsables de la C64 ont également appelé à une mobilisation citoyenne en faveur de la défense de l’ordre constitutionnel, tout en affirmant privilégier des actions qu’ils décrivent comme « pacifiques, démocratiques et républicaines ».
Cette prise de position intervient dans un contexte où le débat sur d’éventuelles réformes institutionnelles continue d’alimenter les discussions politiques en RDC. À ce stade, les autorités n’ont pas officiellement annoncé de processus de modification constitutionnelle ni réagi publiquement à cette déclaration de la Coalition Article 64.
Le climat politique congolais pourrait ainsi connaître une nouvelle phase de tensions à l’approche des prochaines échéances électorales, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays et les débats autour de la gouvernance institutionnelle.
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