RDC : l’ex-chef d’état-major Christian Tshiwewe jugé pour détention illégale d’armes et présumé complot contre l’ordre constitutionnel

L’ancien chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le général d’armée Christian Tshiwewe Songesha, a comparu jeudi devant la Haute Cour militaire dans une affaire portant notamment sur la détention illégale d’armes et de munitions de guerre, la violation de consignes militaires ainsi qu’un présumé complot visant à modifier l’ordre constitutionnel du pays.

Selon le ministère public, l’officier supérieur est poursuivi aux côtés de plusieurs autres membres des FARDC pour des faits qui se seraient déroulés entre 2020 et juillet 2025. L’accusation soutient qu’il aurait participé à des réunions organisées dans sa résidence de la commune de Gombe dans le cadre d’un projet présumé de déstabilisation des institutions.

Au total, dix officiers des FARDC sont concernés par cette procédure judiciaire. Parmi eux figure le général John Ngoyi wa Kabila. Les généraux John Numbi et Pascal Nyembo sont, quant à eux, poursuivis et jugés par contumace.

L’un des aspects marquants du dossier réside dans l’utilisation de preuves numériques présentées par les enquêteurs. Selon les éléments versés au dossier, les services d’investigation ont exploité des conversations WhatsApp, des téléphones portables ainsi que des relevés bancaires afin d’analyser les échanges entre les différents prévenus et de rechercher d’éventuels indices corroborant les accusations formulées.

Au cours de l’audience, l’auditeur général a soutenu que certaines conversations examinées feraient apparaître des éléments laissant supposer l’existence d’un projet de remise en cause de l’ordre constitutionnel. L’accusation évoque notamment des messages considérés comme favorables à l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange, ainsi que des prises de position interprétées par le ministère public comme une forme de soutien à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et au mouvement M23.

Par ailleurs, l’acte d’accusation reproche au général Christian Tshiwewe d’avoir détenu illégalement un important arsenal militaire dans sa résidence de Gombe. Selon le ministère public, les saisies auraient porté sur 92 fusils d’assaut de type Kalachnikov, 12 lance-roquettes RPG-7 ainsi que plusieurs milliers de munitions.

La défense n’a pas encore présenté l’ensemble de ses moyens de contestation devant la juridiction. À ce stade de la procédure, les accusations exposées par le parquet restent à être débattues contradictoirement devant la Haute Cour militaire, qui devra apprécier la valeur des preuves produites et statuer sur la responsabilité éventuelle des prévenus.

Cette affaire, qui implique plusieurs hauts gradés des FARDC, est suivie avec attention en raison de ses implications potentielles sur les plans sécuritaire, politique et institutionnel en République démocratique du Congo.

À l’issue des échanges entre les différentes parties, la Haute Cour militaire a renvoyé l’affaire au 25 juin 2026 pour la poursuite de l’instruction.

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