Réglementation des réseaux sociaux en RDC : JUSTICIA Asbl dénonce une tentative de museler les voix critiques

L’organisation congolaise de défense des droits humains JUSTICIA Asbl a exprimé sa vive inquiétude face à ce qu’elle considère comme une tentative des autorités de réduire au silence les voix critiques et indépendantes en RDC.

Dans un communiqué de presse publié le 4 mars, Me Timothée MBUYA, président de l’association indique avoir pris connaissance du communiqué officiel émis par le Ministère de la Justice et appelle au respect strict des libertés fondamentales et à la préservation de l’espace démocratique en RDC. Ce document du ministère de la Justice porte sur la mise en œuvre de poursuites judiciaires liées aux infractions numériques, dans le respect des principes de légalité, de proportionnalité et des droits fondamentaux.

Justicia asbl alerte néanmoins sur ce qu’elle qualifie de « tentative déguisée » de restreindre l’espace de liberté d’expression et d’opinion. Selon l’ONG, le ton adopté par les autorités congolaises intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par une crise politique et sécuritaire aux conséquences préoccupantes pour le pays.

Me MBUYA estime également que certaines voix discordantes pourraient être ciblées par la justice et les services de sécurité. Il cite notamment des organisations de la société civile et des personnalités politiques critiques à l’égard de certaines institutions de l’État, dont le Conseil National de la Cyberdéfense, ou opposées à toute initiative visant un éventuel changement de la Constitution.

Dans son analyse, il souligne que le communiqué du ministère de la Justice, combiné à des mesures d’interdiction de manifestations publiques et de rassemblements populaires, ainsi qu’à des restrictions des libertés d’expression et d’opinion, constitue des signaux préoccupants quant à l’évolution de la situation des libertés publiques dans le pays.

JUSTICIA Asbl met en garde contre ce qu’elle considère comme des atteintes « inacceptables » aux droits garantis aux citoyens par la Constitution et les lois de la République. L’organisation affirme qu’elle ne saurait cautionner aucune démarche susceptible de conduire à l’instauration d’un pouvoir autoritaire.

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