L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a appelé à des sanctions et à des poursuites judiciaires contre les responsables de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars ainsi que des Forces rwandaises de défense (RDF), accusés d’exactions commises lors de l’occupation de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Dans un rapport intitulé « Nous sommes des civils ! », rendu public mercredi 13 mai 2026, HRW documente une série de violations graves des droits humains, notamment des meurtres de civils, des violences sexuelles et des enlèvements perpétrés pendant la prise de contrôle de cette ville stratégique du Sud-Kivu.
L’organisation accuse directement le gouvernement rwandais de soutenir logistiquement et militairement la coalition AFC/M23 et demande à Kigali de mettre immédiatement fin à toute assistance apportée au mouvement rebelle. HRW exige également la suspension et la poursuite judiciaire des membres des RDF et des commandants de l’AFC/M23 impliqués dans des violations du droit international humanitaire, à travers des procès qualifiés de transparents et crédibles.
Le rapport appelle par ailleurs à des réparations rapides et adéquates en faveur des victimes et des survivants des violences documentées.
Pour rappel, la ville d’Uvira, devenue chef-lieu provisoire du Sud-Kivu après la chute de Bukavu, était tombée sous le contrôle de l’AFC/M23 au début du mois de décembre 2025. Cette offensive avait été menée malgré les accords conclus à Washington entre le président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, sous la médiation de Donald Trump.
Selon plusieurs sources locales, l’occupation d’Uvira avait provoqué une paralysie quasi totale de la ville, accompagnée de pillages et d’une détérioration importante de la situation sécuritaire. En janvier 2026, sous pression diplomatique américaine, les rebelles avaient entamé un retrait unilatéral, permettant aux Forces armées de la République démocratique du Congo et aux groupes locaux Wazalendo de reprendre le contrôle de la ville le 20 janvier.
HRW estime que les crimes documentés à Uvira illustrent l’urgence de renforcer les mécanismes de protection des civils et de lutter contre l’impunité dans la région des Grands Lacs, alors que la ville demeure un point stratégique pour la stabilité sécuritaire et économique du sud-est de la RDC.
