Urgence à la pompe. Alors que le Moyen-Orient s’embrase et menace les stocks mondiaux, la RDC refuse de subir. Entre une mission commando à la raffinerie Dangote et une levée de fonds historique de 2 milliards de dollars par Afreximbank, l’Afrique passe en mode « forteresse économique ».
Le signal est clair : l’heure n’est plus à la dépendance. Face à des marchés pétroliers sous haute tension, le gouvernement congolais vient de passer à la vitesse supérieure pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Le « Plan Dangote » : Court-circuiter les crises mondiales
Face à l’urgence de sécuriser ses approvisionnements, le gouvernement congolais a franchi une étape décisive. Le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a conduit une mission stratégique au Nigeria pour négocier un partenariat direct avec la raffinerie Dangote à Lekki.
Avec une capacité de 650 000 barils par jour, cette infrastructure, la plus grande d’Afrique, représente pour Kinshasa une solution concrète aux vulnérabilités logistiques nationales.
Malgré ses propres réserves (Graben Albert et offshore) , la RDC importe la quasi-totalité de ses carburants raffinés. Un accord avec Aliko Dangote permettrait non seulement de stabiliser les prix à la pompe, mais aussi d’anticiper les futures hausses de prix liées aux crises géopolitiques mondiales.
Afreximbank : 2 milliards de dollars pour soutenir la transformation

Pour soutenir cette ambition de souveraineté, il faut des reins solides. Afreximbank vient de prouver que l’Afrique a la confiance des investisseurs. La banque a conclu avec succès une levée de fonds monumentale de 2 milliards de dollars US.
Initialement fixée à 1,5 milliard, l’opération a été littéralement prise d’assaut par les investisseurs internationaux, attirant plus de 2,36 milliards de dollars d’offres. « C’est l’emprunt syndiqué le plus important de notre histoire », confirme Chandi Mwenebungu, trésorière du Groupe. Ce trésor de guerre servira à refinancer les projets stratégiques et à muscler l’industrialisation du continent.
Un écosystème de résilience
Ces deux mouvements ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une logique de synergie continentale :
• Financement du commerce : Afreximbank, fervent défenseur de la ZLECAf, déploie des solutions innovantes pour accélérer l’industrialisation.
• Sécurité énergétique : La démarche de la RDC vers le Nigeria illustre la coopération Sud-Sud pragmatique nécessaire pour protéger les populations locales contre les chocs externes.
• Infrastructures stratégiques : Alors que les actifs de la Banque s’élevaient à 40,1 milliards de dollars fin 2024, ces nouveaux fonds serviront à refinancer des projets essentiels et à soutenir l’expansion économique du continent.
Pour les observateurs, cette « démarche rapide » de la RDC couplée à la force de frappe d’Afreximbank marque un tournant. L’Afrique ne se contente plus de subir les fluctuations des marchés mondiaux ; elle bâtit ses propres remparts financiers et industriels pour garantir une autonomie durable.
